17.8.11

 

 

Le premier homme qui a vu la première photo (si l'on excepte Niépce, qui l’avait faite) a dû croire que c'était une peinture : même cadre, même perspective. La Photographie a été, est encore tourmentée par le fantôme de la Peinture (Mapplethorpe représente une branche d’iris comme aurait pu le faire un peintre oriental); elle en a fait, à travers ses copies et ses contestations, la Référence absolue, paternelle, comme si elle était née du Tableau (c'est vrai, techniquement, mais seulement en partie : car la camera obscura des peintres n'est que l’une des causes de la Photographie; l'essentiel, peut-être, fut la découverte chimique). Rien ne distingue, eidétiquement, à ce point de ma recherche, une photographie, si réaliste soit-elle, d’une peinture. Le « pictorialisme » n'est qu'une exagération de ce que la Photo pense d'elle-même.

Ce n'est pourtant pas (me semble-t-il) par la Peinture que la Photographie touche a l’art, c'est par le Théâtre. A l'origine de la Photo, on place toujours Niépce et Daguerre (même si le second a quelque peu usurpé la place du premier): or Daguerre. lorsqu'il s'est emparé de l’invention de Niépce, exploitait place du Château (à la République) un théâtre de panoramas animés par des mouvements et des jeux de lumière. La camera obscura en somme, a donné à la fois le tableau perspectif, la Photographie et le Diorama, qui sont tous les trois des arts de la scène ; mais si la Photo me paraît plus proche du Théâtre, c'est à travers un relais singulier (peut-être suis-je le seul à le voir) : la Mort. On connaît le rapport originel du théâtre et du culte des Morts : les premiers acteurs se détachaient de la communauté en jouant le rôle des Morts : se grimer, c'était se désigner comme un corps à la fois vivant et mort: buste blanchi du théâtre totémique, homme au visage peint du théâtre chinois, maquillage à base de pâte de riz du Katha Kali indien, masque du Nô japonais. Or c'est ce même rapport que je trouve dans la Photo : si vivante qu'on s'efforce de la concevoir (et cette rage à « faire vivant » ne peut être que la dénégation mythique d'un malaise de mort), la Photo est comme un théâtre primitif, comme un Tableau Vivant, la figuration de la face immobile et fardée sous laquelle nous voyons les morts.

 

 

Roland Barthes

in La chambre claire – Note sur la photographie (13)

Cahiers du Cinéma-Gallimard-Seuil

© Éditions de l’Étoile, Gallimard, le Seuil, 1980

 

 

 

Imagem: Chambre de la découverte © musée Nicéphore Niépce aqui

outro excerto da mesma obra aqui

 

 

 

link do postPor VF, às 11:11  comentar

De Anónimo a 22 de Agosto de 2011 às 21:04
Querida Vera,

Reconheço meu Pai, Avó Stella, Tua Mãe e a tua Avó.
Quem são os outros familiares? E onde foi tirada a foto?

Beijinhos

De VF a 22 de Agosto de 2011 às 22:03
Não sei onde foi tirada esta fotografia. A minha mãe não está neste grupo.
As crianças sentadas no chão, da esquerda para a direita, são:
Teresa Belmarço, Fernando Belmarço com Vasco Costa Santos ao colo, criança não identicada, Luísa Belmarço, criança não identicada. Em pé, Lurdes Belmarço e Paulo Costa Santos.

Stella Belmarço Costa Santos está à esquerda de pé, e a minha avó, Maria do Carmo Belmarço Pereira de Carvalho, sentada ao centro entre as crianças. Atrás dela está Susana de Castro. A primeira Senhora sentada da esquerda para a direita é Maria José Barros da Costa Belmarço.

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