9.12.09

 

 

 

 

 

 

Sem Título, 2009.  Gouache sobre papel

de Vasco Futscher

 

 

 

 

 

Quand une histoire est impossible, ils pensent que ce n’est pas la peine de la vivre.

 

En revanche dans les livres et les films, s’il n’y a pas cette impossibilité, ils trouvent aussitôt que l’histoire est ratée.

 

 

*

 

 

Une phrase un peu pompeuse, mais de temps en temps j’aime bien: « il y a dans mes rêves un homme qui s’appelle J’Existe. »

 

 

*

 

 

Il va mourir, et l’aumônier lui demande quel prénom il veut emporter avec lui. L’idée le séduit. Ça le réveille un peu. Il cherche. Hélas, il a beau draguer le passé, aucun prénom ne s’allume. Il revoit des visages, et rien d’autre. Tatouani avec ses yeux bridés: c’est éteint, ça ne miroite pas. Isabelle, la terrible infidèle: éteint. La douleur: éteinte. Les flamboiements des retrouvailles ; éteints. Lucie : éteinte. Poussière. Michèle: suréteinte. Gaby la folle: éteinte, détrempée par les larmes qu’il a versées pour elle et qui ont perdu leur sens aujourd’hui. Eh oui, tout est déjà mort, même si ces femmes sont sûrement florissantes de santé quelque part, même s’il est là devant la mort puisqu’un aumônier, tout de même, c’est la preuve. Et pourtant, il n’y a que lui de vivant. Alors, comme il faut dire un prénom, que c’est le jeu, il dit: « Paloma. » Il a toujours rêvé de rencontrer une femme qui s’appelle Paloma. Et celle-ci, elle est bien là. Il la voit.  Ah, on peut compter sur quelque chose. Tout ne part pas dans l’oubli.

 

 

*

 

Elle me parle du grand courage qu’il faut pour mettre au pied du mur quelqu’un qu’on aime et qui va vous dire non. Et ô combien ce courage est nécessaire si on veut avoir une chance d’entendre un oui.

 

 

* 

 

 

Et moi, pendant qu’absolument tout le monde me croyait seule dans mon chagrin au milieu de ce cimetière, je réalisais la part d’amour que les morts vous laissent.

 

 

*

 

 

Je pense, à un moment donné de ce livre, c’est-à-dire ici vers la fin, que je suis peut-être de ceux qui vivront l’amour sans personne.

 

 

*

 

 

Et puis, octobre, quelqu’un me rencontre.

 

Et je le laisse faire.

 

Alors tu vois.

 

 

Sophie Fontanel

in L’ amour dans la vie des gens

© Éditions Stock, 2003

 

 Mais sobre o livro e a autora

aqui

 

 

Recolha de aforismos e vinhetas, entre o desencanto e a candura, ou o diário de um desgosto sentimental transformado em inquérito sobre o amor.

 

 

Pintura: Vasco Futscher / trabalhos recentes aqui

 

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