23.7.09

 

Malraux et moi, ce fut une grande histoire, et j'aimerais trouver pour en parler aujourd'hui les accents de ma passion d'alors, qui exaspéra souvent mes amis les plus intimes, et fit rigoler les autres. J'éprouve la même difficulté que les gens qui racontent un premier amour. Je l'aime toujours, bien sûr, mais mon coeur ne fait plus un bond en voyant ses photos, mes joues ne se mettent pas en feu chaque fois que j'entends prononcer son nom, mon coeur n'est pas 'brûlant dans ma poitrine' quand je parle de lui. C'est un peu poussiéreux ; cela devrait me rassurer, mais m'attriste, en réalité. Reste toujours sa voix. Je ne peux pas l'entendre sans que mon poil se hérisse, et que ma gorge se noue. Il est mort, bien sûr, mais le fait qu'il fût vivant n'a jamais eu une grande influence sur notre vie commune.

 

Alix de Saint-André

in Il n’y a pas de grandes personnes

© Gallimard 2007

 

 

 

 

 

 

Malraux, Proust, Chateaubriand e Rousseau revisitados com a paixão e o sentido de humor de Alix de Saint-André. Imperdível.

 


Oiça a voz de André Malraux numa entrevista sobre as suas Antimémoires aqui

 

Mais sobre Alix de Saint-André neste blog aqui 

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