27.9.10

 

 

 

 

 

Lisboa, 1962

 

 

 

 

 

De manhã, que medo, que me achasses feia!
Acordei, tremendo, deitada n'areia
Mas logo os teus olhos disseram que não,
E o sol penetrou no meu coração.

 

 

Vi depois, numa rocha, uma cruz,
E o teu barco negro dançava na luz
Vi teu braço acenando, entre as velas já soltas
Dizem as velhas da praia, que não voltas:

 

 

São loucas! São loucas!

 

 

Eu sei, meu amor,
Que nem chegaste a partir,
Pois tudo, em meu redor,
Me diz qu'estás sempre comigo.

 

 

No vento que lança areia nos vidros;
Na água que canta, no fogo mortiço;
No calor do leito, nos bancos vazios;
Dentro do meu peito, estás sempre comigo.

 

 

Letra de David Mourão Ferreira

 

 

 

 

Barco Negro - Amália Rodrigues live in Cannes [1962] aqui

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21.9.10

 

J'essaie de vous parler d'un gouffre de tristesse, douleur incommunicable qui nous absorbe parfois, et souvent durablement, jusqu'à nous faire perdre le goût de toute parole, de tout acte, le goût même de la vie. Ce désespoir n'est pas un dégoût qui supposerait que je sois capable de désir et de création, négatifs certes, mais existants. Dans la dépression, si mon existence est prête à basculer, son non-sens n'est pas tragique: il m'apparaît évident, éclatant et inéluctable.

D’où vient ce soleil noir ? De quelle galaxie insensée ses rayons invisibles et pesants me clouent-ils au sol, au lit, au mutisme, au renoncement?

La blessure que je viens de subir, tel échec sentimental ou professionnel, telle peine ou tel deuil qui affectent mes relations avec mes proches sont souvent le déclic, facilement repérable, de mon désespoir. Une trahison, une maladie fatale, tel accident ou handicap qui m'arrachent brusquement à cette catégorie qui me semblait normale des gens normaux ou qui s'abattent avec le même effet radical sur un être cher, ou encore... que sais je... ? La liste est infinie des malheurs qui nous accablent tous les jours... Tout ceci me donne brusquement une autre vie. Une vie invivable, chargée de peines quotidiennes, de larmes avalées ou versées, de désespoir sans partage, parfois brûlant, parfois incolore et vide. Une existence dévitalisée, en somme, qui, quoique parfois exaltée par l'effort que je fais pour la continuer, est prête à basculer à chaque instant dans la mort. Mort vengeance ou mort délivrance, elle est désormais le seuil interne de mon accablement, le sens impossible de cette vie dont le fardeau me paraît à chaque instant intenable, hormis les moments où je me mobilise pour faire face au désastre. Je vis une mort vivante, chair coupée, saignante, cadavérisée, rythme ralenti ou suspendu, temps effacé ou boursouflé, résorbé dans la peine…Absente du sens des autres, étrangère, accidentelle au bonheur naïf, je tiens de ma déprime une lucidité suprême, métaphysique. Aux frontières de la vie et de la mort, j'ai parfois le sentiment orgueilleux d'être le témoin du non-sens de l'Être, de révéler l'absurdité des liens et des êtres.

[…]

Cependant, la puissance des événements qui suscitent ma dépression est souvent disproportionnée par rapport au désastre qui, brusquement, me submerge. Plus encore, le désenchantement, fût-il cruel, que je subis ici et maintenant semble entrer en résonance, à l'examen, avec des traumas anciens dont je m'aperçois que je n'ai jamais su faire le deuil. Je peux trouver ainsi des antécédents de mon effondrement actuel dans une perte, une mort ou un deuil, de quelqu'un ou de quelque chose, que j'ai jadis aimés. La disparition de cet être indispensable continue de me priver de la part la plus valable de moi-même: je la vis comme une blessure ou une privation, pour découvrir, toutefois, que ma peine n’est que l’ajournement de la haine ou du désir d'emprise que je nourris pour celui ou pour celle qui m'ont trahie ou abandonnée. Ma dépression me signale que je ne sais pas perdre: peut-être n’ai je pas su trouver une contrepartie valable à la perte ?

 

 


Cette tristesse inconsolable cache souvent une véritable prédisposition au désespoir. Elle est peut être en partie biologique: la trop grande rapidité ou le trop grand ralentissement de la circulation des flux nerveux dépendent incontestablement de certaines substances chimiques diversement possédées par les individus.


 

 

Julia Kristeva

in Soleil Noir - Dépression et mélancolie pp.13-14 e 45

© Éditions Gallimard, 1987

 

 

 

 

 

 

 

 

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16.9.10

 

 

 

 

com o meu tio Frederico, em Lisboa, 1962.

 

 

 

 

Chegámos a Lisboa no verão de 1961. A princípio, a novidade e a redescoberta de uma família calorosa atenuaram o desgosto da perda, abrupta e definitiva, da nossa vida anterior; mas para mim e para Cristina, Lisboa revelou-se aos poucos uma cidade triste e provinciana, cheia de mendigos e de homens ordinários.

Chegado o Outono, a entrada no Liceu Francês agravou a nossa desorientação, perante um ensino mais exigente em português e francês, línguas que não dominávamos convenientemente.

Em casa, um apartamento na rua Rodrigo da Fonseca onde acabaríamos por estar pouco mais de um ano, a minha mãe começou a não sair do quarto. Lembro-me de ficar parada a olhar para aquela porta fechada.

Em Setembro de 1962, o meu pai partiu para o Paquistão. Cristina, Bernardo e eu fomos com minha mãe e a Zulmira viver para casa dos nossos avós maternos. A adaptação foi penosa para todos. Os meus avós impunham uma cerimónia a que não estávamos habituados. Tinham aceite corajosamente aquela ‘invasão’ mas sentiam-se desamparados perante o desespero da filha, um desespero que desafiava a compreensão.

 

 

 

Vera Futscher Pereira

in Retrovisor, um Álbum de Família

© RCP edições, 2009

 

 

O regresso a Portugal inaugurou um tratamento de choque ao longo do qual eu perderia, aos poucos, quase todas as minhas referências habituais. É o único período relatado na primeira pessoa em “Retrovisor, um Álbum de Família”. Foi uma tentativa de reduzir por um momento a distância, dirigindo-me ao leitor num tom mais confessional, na minha própria voz. Não sei se produz efeito, e tenho algumas dúvidas, já que apenas uma pessoa me comentou o facto, e foi para me perguntar porquê.

 



10.9.10

 

 

 

 

 

 

Sphinx (1982)

250 x 200

Victor Willing (1928-1988)

 

 

 

 

Foi com emoção que percorri ontem, em Cascais, a retrospectiva deste artista excepcional. Há muito tempo que esperava pela oportunidade de conhecer melhor a sua obra, desde que vi pela primeira vez quadros seus, na colectiva "Eighty - Les Peintres d'Europe", em Bruxelas (1987).

 

Infelizmente não pude comprar ontem o catálogo, devido a uma avaria momentânea no sistema de pagamento da loja do museu. Reproduzo assim o belo texto do catálogo da exposição de Bruxelas, com a promessa de regressar ao tema para citar palavras de Hellmut Wohl, comissário desta retrospectiva, a quem me sinto profundamente grata.

 

 

 

 

 

Victor Willing retint l'attention du milieu artistique dans les années 50. Il fut la star d'une génération particulièrement douée d'étudiants de la Slade School of Art et à sa sortie fut honoré par une exposition à la Hanover Gallery — la première galerie de Francis Bacon — et, à cette époque, le lieu le plus prestigieux de Londres pour les aspirants avant-gardistes. Ses tableaux étaient passionnément variés et innovateurs dans l'objet, comprenant une scène prémonitoire de violence urbaine et un auto-portrait remarqué pour sa perspective allongée et son air obsédant de solitude. Puis, il s'est marié, et disparut avec sa femme portugaise (Paula Rego) au Portugal et n'a plus fait d'expositions publiques jusqu'en 1978.

 

Sa réémergence fut encore plus marquante que ses premiers débuts. Ici, sans surprise, on vit des tableaux d'une maturité totale ; mais ils étaient passablement uniques par l'objet visionnaire de leurs sujets. D'un seul coup, le milieu artistique londonien se trouva à avoir à vivre avec un peintre d'importance historique — et pas sous l'aspect d'un vieux maître redécouvert mais d'un contemporain actif. Ses premiers tableaux étaient visionnaires en ce sens qu'ils étaient la transposition littérale des hallucinations vécues par l'artiste : un bateau ensablé dans une chambre; une plume habillant un tabouret, en fait, un sens existentialiste du «Time as a shallow stage» (Le temps, une étape superficielle), titre de sa première exposition dans un musée en 1978.

 

Willing, le premier anglais à publier un article sur Pollock, prouva inévitablement être le meilleur à écrire sur son propre travail. Reconnaissant l'importance du maniérisme avec ses «fuites désespérées de l'inertie à travers l'érotisme» et ses «perspectives folles» de de Chirico, à ses propres formulations comme artiste, il écrivit : «La faux de Saturne divise et achève. Dans la tourmente de sa progression, nous cherchons les preuves d'événements passés éparpillés dans la ruine actuelle. Comment préserver cela ?».

 

Cette sauvegarde est l'histoire de son art théâtral et puissamment métaphorique. On ne voit pas de représentation réelle de personnes dans ses travaux mais comme une scène après le lever du rideau, ils sont chargés d'imminence humaine. C'est cet usage de l'espace en tant qu'agent théâtral qui le rattache le plus à l'Existentialisme.

 

Plus récemment, il est revenu au figuratif et particulièrement au portrait, pas le moindre, l'auto-portrait — pas la représentation de traits faciaux mais d'états mentaux.

 

Ici, il a consciemment enchaîné là où Picasso s'était arrêté, devenant ainsi un des rares artistes, peut-être le seul pour l'instant, à briser l'impasse post-Picasso.

 

 

John McEwen

in Eighty - Les Peintres d'Europe

ISSN 0294-1880

 



5.9.10

 

 

 

 

 

 She was very lively, though one could see she had undergone a massive ordeal. She was whiter by far than the hospital's bedsheets; her eyes, without make-up, seemed bruised and swollen, like a weeping child’s.


What she was recovering from was a form of pneumonia. “My chest and lungs were filled with a sort of thick black fire. They had to cut a hole in my throat to drain out the fire. You see," she said, pointing at a wound in her throat that was stopped with a small rubber plug. "If I pull this out my voice disappears," and she pulled it out, and indeed her voice did disappear, an effect which made me nervous, which made her merry.


She was laughing, but I didn't hear her laughter until she had reinserted the plug. "This is the second time in my life that I felt — that I knew — I was dying. Or maybe the third. But this was the most real. It was like riding on a rough ocean. Then slipping over the edge of the horizon. With the roar of the ocean in my head. Which I suppose was really the noise of my trying to breathe. No," she said, answering a question, "I wasn't afraid. I didn't have time to be. I was too busy fighting. I didn't want to go over that horizon. And I never will. I'm not the type."


Perhaps not; not like Marilyn Monroe and Judy Garland, both of whom had yearned to go over the horizon, some darker rainbow, and before succeeding, had attempted the voyage innumerable times. And yet there was some common thread between these three, Taylor, Monroe, Garland — I knew the last two fairly well, and yes, there was something; an emotional extremism, a dangerously greater need to be loved than to love, the hotheaded willingness of an incompetent gambler to throw good money after bad.

 

Truman Capote

in Elizabeth Taylor (1974)

 

A Capote Reader

© 1987 by Alan U. Schwartz

 

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