10.5.09

 

 

 

 

 

 

«je redoute, chère amie, de vous sentir inexorablement attirée par le versant tragique de l'existence, celui ou l'on perd ses forces à se demander pourquoi vivre tandis qu'il serait tellement plus simple de se laisser glisser dans le néant.» Lorsqu’elle entendit, à la fin des années quarante, pour la première fois cette réplique d' Anna Karenine, dont elle fut l'une des plus belles incarnations dans un film de Julien Duvivier, Vivien Leigh avait trente-quatre ans.

Auréolée de la gloire de Scarlett 0'Hara qui en avait fait la plus prestigieuse héroïne de toute l'histoire du cinéma, elle régnait sur Hollywood avec une grandeur lointaine dont la capitale du septième art n'avait jamais fait l'expérience jusqu'alors. Parvenue à force de travail et d'ambition au-devant des feux de la rampe, elle était également au centre de cette institution prestigieuse entre toutes, le théâtre britannique. Enfin, son mariage avec Laurence Olivier, harmonieux et durable, plaçait le couple qu'elle avait su construire au coeur de la société internationale de l'intelligence et du raffinement, l'inscrivant dans l'imagination et la mémoire des foules comme un symbole de perfection digne des plus anciennes et des plus belles histoires de l'amour partagé.

Pourtant, les mots adressés à Anna Karenine résumaient aussi le combat intérieur qui ravageait déjà son existence intime et qu 'elle s'acharnait à dissimuler et à affronter avec toutes les ressources de son intelligence, de son charme et de son élégance morale; en vain, puisque cela faisait longtemps que Vivien Leigh avait en fait commencé sa descente vers la folie et la mort, perdant peu à peu tout ce qu'elle avait su conquérir sur elle-même, sans jamais cesser d'opposer sa fierté aux rumeurs inquiètes et grandissantes du monde extérieur et se réservant l'ultime sursaut de disparaître comme s'il s'agissait d'un exil en pleine gloire et non d'une chute dans un abîme sans fond.

Aujourd'hui son empreinte demeure intacte et nul n'a jamais remplacé Vivien Leigh, sous les sunlights, sur la scène, dans le souvenir de ceux qui l'ont aimée et de ceux qui la découvrent encore. Car au-delà de l’éclatante réussite de tout ce qu'elle accomplît et de ce qu'elle su donner, demeure la complexe et douloureuse énigme qui emporta sa vie; celle-là même devant laquelle elle fut la dernière à s'incliner, après avoir si ardemment tenté de la maîtriser et de la comprendre, avec l'impossible espoir de pouvoir lui échapper.

 

 

 

Warren Beatty: “Qu’avez-vous à cacher à cette journaliste?

Vous la connaissez, c'est une amie?

Vivien Leigh: “Elle me posera un tas de questions.

Ce que je fais, qui je vois, pourquoi je vais à la dérive.

 Warren Beatty: “Je vais aussi à la dérive.

 Le monde, les étoiles, tout dérive. Est-il si triste de dériver ?

Vivien Leigh: “Oui, si l'on ne sait où aller.

 

Printemps romain de Mrs Stone

Tennessee Williams, Jose Quintero 1962

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frédéric Mitterrand

introdução de  Vivien Leigh, in Destins d'étoiles - volume I

© P.O.L.,Fixot,1991

 

imagem: Vivien Leigh em Anna Karenina, de Julien Duvivier 

 

link do postPor VF, às 15:02  comentar

De Rosário Sousa Machado a 10 de Maio de 2009 às 20:48
Afinal, querida verinha , animaste-te e não paraste de inserir mais matérias neste teu blog. Ainda bem, pois já me habituei a vir cá dar uma espreitadela...
Até amanhã, espero...



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