8.5.09

 

 

 

Nos vies seraient bien tristes et l'histoire de notre temps, encore plus redoutable et confuse, si les vedettes de cinéma, les rois et les reines, les artistes célèbres ou certains héros de la presse populaire ne se faisaient pas les messagers de nos émotions, de nos élans et de nos désarrois. Leurs existences à l'apparence brillante consolent notre quotidien obscur; leurs destins, heureux ou tragiques, nous vengent de n'être que les acteurs abandonnés et solitaires d'un théâtre trop vaste dont les intrigues nous dépassent. Et si les politiques et les historiens les négligent ou s’en méfient, nous savons bien qu’ils donnent ses couleurs à notre époque et nous rejoignent dans les rêves dont elle s’accommode si mal. Mais ce sont aussi d’étranges messagers, à peine conscients de ce qu’ils transmettent et dont nous ne savons finalement pas grand-chose; cette imprécision les protège; elle fonde leur séduction et leur légende, et s'avère finalement plus forte que tous les détails pourtant bien réels qui aiguisent notre curiosité en nous donnant l’illusion de les connaître.

Ces textes, écrits à l’occasion d'une série d’émissions de télévision, se sont servis de leurs images; ils en ont transcrit, le plus honnêtement possible, des faits et des attitudes, des situations et un éclairage qui ne sont pas ceux auxquels on est accoutumé; mais ils y ont aussi toujours retrouvé le romanesque et l’incitation aux songes, car c’est là que réside l’impalpable exactitude qu'aucun récit ne peut fléchir et enfermer. Ce sont ainsi plutôt des contes ou des chansons en prose, où tout est vrai, et s’il en existe, surtout les mensonges.

 

Frédéric Mitterrand

 

introdução de Destins d’étoiles

© P.O.L., Fixot, 1991

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