27.7.13


Le ciel ne voyage pas, mais les pensées parcourent des distances incroyables. Riches en vaticinatons, elles se servent des visions ailées qui ne se posent que de rares fois.

Il arrive qu'elles stagnent dans les cerveaux humains. Quand elles s'élaborent dans la matière grise, l'enceinte où elles gravitent se dessèche et les empêche de se projeter dans le rêve. Alors les pensées ne libèrent pas leurs facultés créatrices; elles restent inanimées et privées de magie. En revanche, le vol que produit le rêve ne sait pas ce que veut dire la mort.

 

Silvia Baron Supervielle

in Lettres à des photographies (Lettre 74)

© Éditions Gallimard, 2013




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