18.1.13

 

 

  J.-B. Pontalis

 

 

 

« Le fond de l'amour c'est de penser à quel­qu'un hors de sa présence, puis hors de propos, puis malgré la présence », écrit Hector Bianciotti rendant compte de la correspondance entre Rilke et Magda von Hattingberg.

Peut-être est-ce là le fond de l'amour. C'est sûrement le cas du transfert amoureux. La pré­sence de l'analyste est la condition nécessaire pour qu'un transfert puisse naître; mais trop de pré­sence, une présence trop affirmée, en chair et en os, et trop constante, entrave le déploiement du transfert, lui assigne une direction et une seule.

Absent présent, présent absent définit la place, la non-place de l'analyste: cette non-place sans cesse réinventée qui favorise la « correspondance » amoureuse, l'échange de lettres adressées à l'homme inconnu, à la femme lointaine.


 

Quand Freud écrit que l'amour de transfert ne peut pas être différencié d'un « véritable » amour, il reconnaît du même coup que tout amour est amour de transfert, non parce qu'il ne ferait qu'en répéter un autre, infantile, mais parce qu'il crée son objet, qu'il l'invente dans le double sens du mot invention : fiction et trouvaille.

 

 

 

J.-B. Pontalis

in En marge des jours

© Éditions Gallimard, 2002



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link do postPor VF, às 17:27  comentar

De helena cardoso a 19 de Janeiro de 2013 às 19:11
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